foire aux questions

La flexibilité consiste en l’augmentation ou diminution de la consommation ou production d’électricité. Cela peut aider le système électrique global, qui doit équilibrer l’offre et la demande, et le système local, qui peut avoir besoin d’absorber les surplus de production photovoltaïque. Plusieurs moyens de flexibilité seront testés dans le projet Nice Smart Valley : les ballons d’eau chaude, les véhicules électriques, les systèmes de stockage et la complémentarité entre le réseau gaz et électricité.

INTERFLEX est la contraction des mots « interaction » et « flexibilité ». Il s’agit d’évaluer, à travers ce projet, l’interaction de différents types de flexibilités avec le réseau de distribution.

Les thématiques étudiées dans le cadre du projet INTERFLEX sont nombreuses :

  • L’apport de la flexibilité, notamment l’effacement de consommation, au réseau électrique,
  • Des tests de nouvelles méthodes d’automatisation des réseaux,
  • la faisabilité technique et l’apport de l’îlotage,
  • les nombreux services apportés par le stockage de l’électricité (stockage partagé pour l’autoconsommation collective, flexibilité pour la résolution de contrainte sur le réseau de distribution, gestion de l’îlotage),
  • la complémentarité des réseaux de chaleur et de gaz,
  • le potentiel des véhicules électriques en tant que flexibilité

L’alimentation électrique des Alpes-Maritimes est singulière : le département ne produit que 10% de sa consommation. Cette production est principalement d’origine hydraulique dans l’arrière pays Niçois, et le département est donc dépendant à 90% du réseau de transport.

Nice Smart Valley est un démonstrateur de réseau électrique intelligent (Smart Grid). Il s’agit, sur un périmètre défini dans les Alpes-Maritimes, de rendre le réseau électrique plus flexible, grâce à l’utilisation de technologies innovantes et en s’appuyant sur la participation de consommateurs d’électricité.

Flexgrid est le nom du projet de « smart région » pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (concerne les départements du 13, du 06, et les Alpes). Ce projet a été désigné lauréat en Février 2016 d’un appel à candidature lancé par les ministères de l’Economie et de l’Environnement de l’Energie et de la Mer, pour accélérer le déploiement des Smart Grids dans certaines régions administratives (Les projets SMILE en Bretagne et You&Grid dans la métropole Lilloise sont aussi lauréats). Flexgrid est porté par la région PACA, avec l’appui technique de Capénergies, un pôle de compétitivité dédié aux énergies décarbonées. EDF, Enedis, GE en sont partenaires de rang 1. 27 projets de territoires et 7 projets transverses composent le projet Flexgrid.

Le projet INTERFLEX comprend 6 démonstrateurs dont Nice Smart Valley qui en est le démonstrateur en France, il comprend également un démonstrateur allemand (région de Basse Saxe), deux démonstrateurs suédois (un dans la ville de Malmö et un dans un village au sud est du pays), un démonstrateur néerlandais (dans la ville d’Eindhoven) et un démonstrateur tchèque (dans un certains nombre de communes réparties dans le pays).

Enedis est confrontée à des mutations profondes sur le réseau de distribution :

  • 95% des énergies renouvelables intermittentes sont raccordées au réseau de distribution, c’est-à-dire décentralisées sur le réseau moyenne et basse tension (En PACA, 850 MWc de PV raccordé, croissance de +14% en 2015 et objectif de 2300 MW en 2020)
  • La loi de Transition Energétique fixe comme objectif l’installation d’au moins 7 millions de bornes de recharge pour les véhicules électriques d’ici 2030
  • La Société, les comportements et les technologies évoluent : autoproduction, stockage, pompes à chaleur

► Ces évolutions vers un système qui intègre la vision locale représentent de nouveaux défis pour la gestion du système électrique qui doit s’appuyer sur des flexibilités nouvelles.

Pour les partenaires comme EDF et Engie, il s’agit d’expérimenter des systèmes de pilotage de la consommation et de tester la réponse clients, mais aussi de tester de nouveaux modèles d’affaires sur la flexibilité électrique.

Pour les partenaires industriels, comme GE et Socomec, il s’agit de tester leurs technologies sur un réseau réel, et de profiter ainsi d’un retour d’expérience « terrain ». Les perspectives d’export à l’International sont essentielles, notamment dans le cadre des objectifs de l’association Think Smart Grid de capter 20% du marché des Smart Grids à l’international.

Le budget de Nice Smart Valley est de 5,6M€. La Commission Européenne y contribue à hauteur de 3.3 M€ (70% des « couts éligibles »). Le reste est apporté par les 6 partenaires industriels (Enedis, GE, Socomec, Engie, EDF et GRDF).

Nice Smart Valley couvre la commune de Carros, deux quartiers ouest de Nice (Lingostière et Saint-Isidore), ainsi qu’une partie des communes de La Gaude, Saint-Jeannet et Saint-Laurent du Var. Il s’inscrit dans l’Opération d’Intérêt National (OIN) de la Plaine du Var, et dans une mixité du tissu économique et social : des zones industrielles (Carros, La Gaude, Saint Laurent), des zones commerciales (Lingostière, Saint Isidore), des installations de production hydraulique sur le Var, des quartiers résidentiels ainsi que la zone aéroportuaire de l’aéroport International de Nice. Trois zones hors de la plaine du Var font partie du périmètre géographique : les Iles de Lérins (au Sud de Cannes), la station de ski d’Isola et le territoire rural du village de Guillaumes (dans le Nord des Alpes-Maritimes).

Les expérimentations de Nice Smart Valley dépendront d’un grand nombre de participants. L’agrégateur permet de regrouper ces participants et aide à valoriser leur potentiel. Par exemple, il fera la coordination entre plusieurs petites sources de flexibilité, comme les ballons d’eau chaude. Un ballon d’eau chaude consomme trop peu d’énergie tout seul pour que son offre individuelle de flexibilité puisse impacter le réseau. Par contre, avec l’aide d’un agrégateur, plusieurs ballons d’eau chaude peuvent agir de façon synchronisée pour constituer une offre de flexibilité qui puisse être mise en valeur par le réseau.

La complémentarité des réseaux gaz et électricité consiste en utiliser le réseau de gaz pour soulager le réseau électrique en cas de contraintes. Par exemple, les chaudières dites hybrides peuvent consommer soit du gaz soit de l’électricité pour produire de la chaleur. Si le réseau d’électricité est trop sollicité à un moment donné, cette chaudière peut commencer à consommer du gaz pour éviter qu’une contrainte apparaisse sur le réseau électrique.

L’îlotage est une situation pendant laquelle une partie du réseau électrique est déconnectée du réseau principal, mais reste alimentée par la production locale. Il augmente la résilience du réseau électrique, permettant, par exemple, d’assurer l’alimentation électrique d’une zone en cas d’accident sur le réseau ou de travaux de maintenance. Cela est utile pour les zones qui dépendent fortement d’une alimentation avec peu de déconnexions, comme les quartiers industriels et les centres médicaux.